Quand vivant.es et mort.es danseront ensemble…

Nous l’avons dit : Nancy n’est qu’à quelques kilomètres de Bure. Pourtant, très peu sont celles et ceux qui en ont déjà entendu parler. Et encore moins celles et ceux qui ont eu leur mot à dire lorsqu’il s’agissait, en 2006, de décider où le projet CIGEO serait implanté.

Nancy n’est qu’à quelques kilomètres de Bure. Ce qui veut dire que Nancy figure parmi les premières villes impactées par le projet CIGEO. Et notamment si, un jour, dans les centaines et milliers d’années à venir, le centre d’enfouissement (si il se fait) « rencontre des problèmes »… Nous n’avons pas choisi ce nom pour rien : Vent de Bure fait évidement référence aux vents dominants qui soufflent d’Ouest en Est, et qui pourraient dès lors amener, en cas d’accident, des particules radioactives, de Bure jusqu’en région nancéenne – toutefois, les vents ne seront pas l’unique vecteur de cette radioactivité (eaux souterraines, de surface, transports, etc.)

Puisque le Vent de Bure souffle en direction de Nancy…

Nous laissera-t-il alors irradié.es ?

Par cette manif, nous souhaitons amener le projet CIGEO à Nancy, afin de le faire connaître des habitant.es du Grand-Est.

Quoi de mieux alors, pour ce faire, que de les inviter à la danse ?


La danse macabre se nourrit des inquiétudes des temps de crise en y répondant par la force de l’imaginaire. Par cette sarabande qui mêle morts et vivants, la Danse macabre souligne la vanité des distinctions sociales, dont se moque le destin, fauchant le pape comme le pauvre prêtre, l’empereur comme le lansquenet. C’est une leçon morale adressée aux vivants afin de réfléchir à notre condition : elle console les plus pauvres et apprend aux plus grands que personne n’est au-dessus des lois.

Le choix de la danse macabre comme thématique de la journée est évidemment une façon de rappeler que la production de nucléaire est par essence, fatalement autodestructrice, et qu’elle ne peut que nécessairement (re)conduire à des fins mortelles. Le nucléaire n’ouvre aucun avenir, il est l’enfermement dans la contamination du vivant comme du minéral. Toutefois, paradoxalement, cette thématique nous offre aussi la possibilité de nous réapproprier cet imaginaire morbide, qui trop souvent nous désespère et nous éloigne de notre quotidien, en le transformant en quelque chose de vivant, coloré et concret, entraînant et joyeux.

« Si je ne peux pas danser, je ne serai pas de votre révolution »
Emma Goldman

Nous souhaitons que cette manifestation soit belle, festive, joyeuse, subversive et inclusive pour tou.t.es. Voici d’ores et déjà quelques conseils afin que vous puissiez vous y préparer au mieux :

  • Apportez de vieux vêtements -loufoques, désuets, fantasques et étonnants…- pour vous-même ou pour d’autres : un freeshop géant « danse macabre » sera mis en place Cours Léopold pour celles et ceux qui n’ont pas encore une idée claire de leur déguisement !
  • Amenez beaucoup d’instruments de musique, des vrais, des improvisés, des auto-fabriqués, pourvu que la manifestation retentisse de mille sons et que boeufs musicaux, gigues, cacophonies puissent s’improviser ici et là pour charmer, surprendre et agacer nos oreilles en semant aux vents de Bure nos tumultueuses récriminations.
  • Si vous souhaitez être maquillé.e : apportez du maquillage et/ou maquillez-vous, et/ou bien préparez-vous à l’être une fois sur place ! Un atelier maquillage « danse macabre » sera également mis à disposition !
  • Nous avons besoin de quelques personnes en costards qui seraient prêtes à jouer les nucléocrates démarchant les riverains de la manifestation. Si vous souhaitez participer, manifestez-vous dès maintenant en écrivant à ventdebure@riseup.net ou bien en vous rendant directement à l’accueil une fois sur place !
    • IMPORTANT : si vous avez des échasses (et que vous savez monter dessus), c’est encore mieux !